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Sommes-nous tous égaux face aux défaites ?

Philippe Lefeuvre

November 11, 2020

Nous avons interrogé Morli Mathys, sociologue et entrepreneuse d’impact. Morli a grandi aux Etats-Unis, son point de vue nous a semblé intéressant afin de montrer à quel point, une simple notion, celle de l’échec est source de disparité en terme de définition et de ressentis.

Que signifie l’échec? Et comment y faire face?

Pour commencer,  Morli souligne le fait que l’échec est perçu négativement par notre société. Chaque erreur est considérée comme un échec! Les enfants se font gronder de la même manière, qu’ils aient oublié une majuscule après un point ou qu’ils aient volé un bonbon. Les réactions de l’entourage face aux premiers échecs de l’enfant sont primordiales. Ce sont elles qui vont nourrir notre sentiment d’incompétence. SI l’enfant est encouragé, il se sentira soutenu et confiant pour la suite. S’il est grondé ou rabaissé, il va développer une crainte de faire faux. La peur des brimades va se réveiller à chaque situation du même type. Un manque de confiance en soi qui nourrira ce fameux sentiment d’incompétence. Pour Morli, Il est très primordial de modifier cette croyance :

Une erreur ou un échec ne rend pas incompétent!

Pour faire face à l'échec, Morli conseille de le prendre comme une simple information et de décider que c’est positif tout en ressentant de la bienveillance pour soi, pour les autres. Minimiser l’effet négatif de l’erreur jusqu’à la remercier d’exister. La vivre comme une expérience sans jugement. L’erreur nous fait grandir.

Aux Etats-Unis , faire face à un échec prouve que l’on a du courage.

La-bas, il existe le rêve entrepreneurial. Toutes ces start-up high-tech de La Silicon Valley, qui essaient,  qui échouent, qui se relèvent et recommencent sans cesse en sont une belle preuve.

Le pouvoir de l' échec aux USA, fait partie intégrante du système éducatif. Tout est mis en place pour que tu te plantes et que tu apprennes à tirer profit des leçons engendrées. Les écoles ne dispensent qu'une éducation générale de base. Donc quand tu intègres le monde du travail, tu ne saispas grand-chose, tu apprends tout sur le tas. Dans le monde professionnel, il y a une grande tolérance, il est demandé d’apprendre en faisant. C’est normal,“Fais et puis on regarde si ça marche après”. Albert Einstein le disait de cette manière“L'échec est un succès en cours”. En Europe ce qui prime c’est le résultat: “Avant de faire quoi que ce soit,  il fautêtre sûr que ça va marcher”. D’ailleurs les entreprises ont cette tendance: pour être embauché, il faut  connaître le métier etavoi toutes les compétences.

Changer de job souvent, n'est pas  forcément synonyme d'échec professionnel.

C'est un question de perception. Pour Morli, changer de poste en interne ou en externe démontre un certain courage, bien qu’il soit difficile de ne pas se laisser irriter par les remarques de l’entourage. Les job hoppers, zappeurs, slasheurs présentent un grand avantage pour un grand nombre d’entreprises, alors que pour d’autres, les CV à rallonge et les profils atypiques font peur.

Et pour terminer, Morli nous raconte comment elle a  vécu un échec professionnel:

« À la fin de mon dernier poste en entreprise, je n’étais plus très motivée par mon travail, je n'y trouvais plus de sens.... Mes tâches n'avaient pas changé, c’était moi qui avait changé!

Mon travail était tellement confortable, tout près de la maison, je fonctionnais bien, et je gagnais très bien ma vie. Une jolie routine sans embûche majeures. Jusqu’à ce que je fasse une première erreur professionnelles que j’ai refusé d'admettre. Je reportais la faute sur tout le monde. Ce n’était pas facile et douloureux à supporter. Mais je crois j’ai eu besoin de ça pour réaliser qu’il y avait des choses qui ne me convenait plus. J’avais peur. Jusqu’à ce que je puisse prendre ça comme une information. Une information qui me disait que ce travail n’était plus pour moi. Je devais changer quelque chose.Albert Einstein a dit “La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent” J’ai réalisé que c’était le moment de partir et c’était ok comme ça."

Une synthèse ?

Si on considère l’échec comme une opportunité d’apprendre, sans se positionner en victime, le sentiment devient positif.

A propos de Morli

Morli Mathys  a co-fondé ArboLife et le hub neuchatel qui partagent des valeurs d’impact sociétal et environnemental, une culture collaborative et un modèle d’organisation collaboratif à gouvernance distribuée.Elle coordonne une équipe focalisée sur la communication d’impact dans chacune de ces deux organisations. d’origine américaine, Morli vit à Neuchâtel depuis 2003.

De la documentation sur l’échec ?

Les vertus de l'échec de Charles Pepin

Et tout le monde s'en fout #25 - L'échec - https://youtu.be/c0IsvrSpcx4

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