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Retour au bureau

ALINE KAMINSKI / CHRISTINE LAUMANN

July 1, 2020

ENFIN, ça y est! 
Je peux retourner au bureau, Super!  
Finis les sms avec des smileys bizarres, on reprend les discussions de couloir avec une vraie lecture des émotions sur les visages. 
Finies les visioconférences avec les éternels problèmes de connections, de micro, de caméra en contre-jour ou d’oreillettes mal réglées. 
On va à nouveau côtoyer des « vrais » gens, croiser de vrais regards aux hasards des rues, dans le bus. Je me sens enfin revivre et je ne pensais pas que le contact humain me manquerait autant.

 

Presque trois mois ont passé. 
C’était long. Très long. 
Je me suis pourtant bien habitué à ce nouveau rythme. Un gain de temps énorme économisé sur les trajets pour acquérir du temps à passer avec mes proches, du  temps pour faire ce que je n’avais jamais le temps de faire.
C’est un peu nostalgique que je m'aperçois que ces heures, à partir de demain, je vais en quelque sorte les rendre et les laisser dans les transports publics. 
Cette contrainte temporelle me laisse un goût amer, mais mon besoin de contact social, reprend néanmoins rapidement le dessus. Revoir ces étrangers si bien connus qui parfois me font rire ou m’insupportent (eux ne m’auront pas manqué). 
J’espère également voir de nouvelles têtes pour égayer mes trajets.
Ma playlist est prête et mon livre aussi.  


Malgré tout une question reste en suspend...
Comment ce monde de dehors qui m’était si familier, a-t’il changé?
Comment, avec les changements que j’ai moi-même opéré, ceux que je  sens au plus profond de mon âme, vais-je pouvoir m’adapter? Mon approche du travail et ma vision du futur n’est plus la même.

Je sais par habitude que les relations avec mon chef vont rester les mêmes mais je m’interroge sur mon environnement. 
Du calme chez moi au retour au bureau, comment vont se passer mes journées? J’espère enfin me sentir plus utile, mais surtout, j’espère pouvoir donner plus de sens à mon job. Aujourd’hui il en va de ma vie… mais qu’en est-il de mes aspirations? 
Je me remémore ce stress à courir derrière le temps et terminer la journée sur les rotules mais avec la satisfaction absolue d’un travail accompli aux yeux de mon cahier des charges, de mon boss et de la direction. Paraître à nouveau « rentable ». ENFIN! 


Je me réjouis. 
Les rires des collègues résonnent dans mes oreilles, balayant d’un coup sec l’appréhension de la distanciation sociale. La complicité des regards et l’effervescence journalière me motivent à faire fi de l’appréhension d’une contagion. 
Il va me falloir des masques, du désinfectant, des gants et du recul, surtout du recul. Chaque poignée de porte risque de se transformer en un obstacle et chaque éternuement va retentir comme une bombe au cœur de l’open space. Éviter de sauter au cou des collègues-amis et conjurer ceux qui tenteront une approche trop serrée. Et si on faisait comme si de rien n’était..? 
Encore une fois, je m'interroge, est-ce que tout cela en vaut vraiment la peine? Dois-je rester en télétravail quitte à être déconnecté de la réalité économique et sociale de mon entreprise ou dois-je affronter cet ennemi invisible qui a brisé ma confiance envers l’humanité?

 

Me voilà dehors.
J’ai envie d’embrasser chaque personne que je croise (parce que trois mois  sans câlin, c’est quand-même dur..).  
Mes peurs sont derrière moi, et ce soir, je suis ravie retourner faire l’ermite, dans mes 4 murs, protégé de toute agression extérieure. Jusqu’à demain matin 06h37.

 

En fait, rien en sera plus jamais comme avant… et c’est tant mieux!
Quelles sont mes options dans ce monde en changement?
Ma quête de sens m’interroge sur ma place dans cette écosystème que l’on appelle entreprise.

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