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La résilience

Aline Kaminski / Christine Laumann

June 1, 2020

En quoi notre capacité de résilience impacte-t-elle notre vie ?
La résilience est notre capacité, notre aptitude à nous relever en cas de « coup dur ».
Rien de tel qu’une période de semi-confinement, le monde entier à l'arrêt, pour prendre un peu de recul sur nos existences et comprendre notre manière de fonctionner.
C’est parfois intéressant de voir comme tout peut changer…


En 2014, je me sens prête à m‘envoler de mes propres ailes. Un amoureux fixe et un bachelor de communication en poche, ma destinée était dessinée: un job en tant que webdesigner, un mariage, une maison et des enfants.


Seulement voilà.


Il m’aura fallu trois ans de recherches intensives pour trouver mon premier emploi. Enfin! Embauchée comme junior, j'étais promise à une belle progression lorsque l’entreprise se développerait. 18 mois plus tard, changement de perspective, le nouveau directeur est arrivé. La suite, c’est ma chute. Mon approche du travail ne correspondait pas aux nouvelles ambitions de l’entreprise. Sans doute trop jeune, je n’ai pas réussi à m’imposer. Après plusieurs mois de tentatives d'adaptation, mes valeurs mises à terre, je suis partie. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, 2 semaines après ma démission, ma vie privée s’écroule. Mon fiancé met fin à notre relation et par la même occasion à mon projet de fonder une famille.  


Me voilà donc à 30 ans, sans emploi, fraîchement célibataire et sans enfant:  une situation difficilement avouable au reste du monde! Je vacillais entre honte et incompréhension. Je ne savais pas ce qu’il me fallait retrouver au plus vite. Un amoureux ou un job? Dans les 2 situations, le plus difficile reste le regard des autres avec l’éternelle grande question: «Alors…,  t’en est où!? ».
À dire vrai, nulle part. Chez moi et En moi…


Une année plus tard, le 13 mars 2020, l’annonce du semi-confinement! Je suis toujours sans emploi avec les mêmes interrogations, mais une donnée de taille s’ajoute à mon quotidien: dorénavant, il faudra également vivre sans amis et sans loisirs.  Est-ce que cela aurait été plus facile si j’avais un travail? Je ne le saurais jamais.

Au début de cette période, comme beaucoup de monde j’imagine, j'ai « tué » le peu de temps que j’avais acquis en plus, en faisant de l’ordre dans mes armoires. Mais plus je rangeais, plus un sentiment de vide m’envahissait… Mes actions manquaient de sens. Mes valeurs ne me portaient plus. Je nettoyais des tiroirs empoussiérés qui en avaient certainement besoin, mais je m’acharnais sur un de mes vieux démons: la fuite. Enfermée dans mon propre placard, sous les couches d'interrogations que j’avais réussi à éviter, je devais apprendre à vivre avec moi-même. Est-ce que me mon mal-être, mon agitation intérieure, mes questions incessantes sur mon futur professionnel étaient vraiment le fruit de simples lamentations qui n’avaient en réalité pas lieu d’être? Et si mon malaise était plus profond que cela?
Les pansements collés sur mon âme se détachent les uns-après les autres. Je comprends bientôt que je ne suis absolument pas prête à retrouver un emploi. J’ai un premier travail à terminer et pas des moindres.. Le travail sur moi, mon ménage intérieur. Ma première mission est de prendre soin de moi et de cautériser mes plaies autrement que par la fuite.


Je n’en suis qu’au début, mais la prise de conscience est énorme! Pour se relever d’une situation difficile, faire preuve de résilience, il faut avoir le courage d’accepter ses souffrances, de les regarder en face, de les affronter d’une manière ou d’une autre. Nier ses douleurs, les faire passer pour fausses, les minimiser ou les fuir ne sert à rien! J’ai encore un long chemin devant moi, j’ai entrepris mon nettoyage en profondeur. J’y travaille tous les jours, c’est mon emploi du moment et je le revendique fièrement! Je suis avec moi et non plus contre moi. Je ne m’affronte plus, je m’apprivoise. Je suis ma propre mère et j’écoute mon enfant intérieur. Je bosse aussi sur mon féminin sacré... mais ça c’est une autre histoire.
Je lis, je marche, je postule aussi de temps en temps. À ce propos, je sens déjà mes lettres de motivation plus percutantes. Je prends conscience de ma personne et de mes valeurs. Je sais que j’ai beaucoup à offrir à mon futur employeur. Si ce n’est pas demain, ce sera après-demain. C’est bien égal car aujourd’hui, je sais exactement ce que j'ai à faire.


Apprendre à m’aimer comme je suis. Ma force de résilience se trouve-là… cette fois, je me relève!

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